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Michel ORIVELCe blog est destiné à promouvoir mon premier roman, "L'Horizontale" et à communiquer avec mes lec(ac)trices et lec(ac)teurs notamment sur mes lectures BlogCatégoriesDerniers commentairesDerniers billetsCompteursLiensFils RSS |
Parlons, écrivons françaisPar Michel ORIVEL :: 30/05/2008 à 8:04 :: Plaidoyer pour notre langue
L’interpénétration des langues est un phénomène spontané de communication. La migration du vocabulaire n’a rien que de très naturel… aussi longtemps que le mot équivalent, voire le concept, n’existe pas préalablement dans la langue receveuse. Comment désigner une maison construite de blocs taillés dans la neige glacée ? En français ? En toute autre langue que l’esquimau ? Cette conception n’existe nulle part ailleurs que sur les terres polaires. Va pour igloo, qui signifie tout simplement maison. Car comment un inuit concevrait-il une maison autrement ? Foin d’exemples appropriés, le français n’en manque pas, enrichi par des siècles d’échanges ! Mais voilà que la langue de Molière se gave de mots anglo-saxons inutiles. Tous les jours, apparaissent dans l’usage des mots d’origine anglaise sur le plan linguistique, américaine d’un point de vue sociologique, alors même que les substantifs français pré-existent, souvent plus raffinés ou précis. Parsemer chaque phrase d’anglais importé à peu de frais pose le locuteur : il maîtrise l’anglais lui, face à des interlocuteurs qui ne le parlent pas ! Quelle prétention ! Une des dernières importations en date ne manque de sel: sex-toy. L’expression fait florès, dans les magazines féminins mais pas seulement puisqu’on l’entend sur les ondes ; il traduirait une tendance sociale de femmes désinhibées. Il porterait au pinacle du féminisme le plus avant-gardiste celles qui en useraient. Nouveau le phénomène, ou simplement divulgué quand il ne l’était pas antérieurement ? Amies, amis, plongez allègrement dans vos racines gréco-romaines. La fantaisie seyait déjà à nos prédécesseurs: subsiste bien sûr le godemiché, souvent raccourci en gode au soupçon la vulgarité, et surtout le rare et trop méconnu olisbos, le joujou de nos sœurs de Lesbos, un fort joli substantif enseveli sous la pudibonderie de générations prudes. Deux mots qui, contrairement à sex-toy qui affiche la couleur sans subtilité, protègent autant la pudeur puisqu’ils n’ont rien de phalliques à première sonorité. J’allais écrire à première vue, mais précisément … Quand l’industrie n’était pas si sophistiquée, nos ancêtres saphiques sélectionnaient simplement les galets idoines sur les plages de leur île paradisiaque. Imaginez aujourd’hui, femmes et jeunes filles d’Étretat, triant force cailloux oblongs (classés monuments historiques : nulle n’est sensée en prélever !) pour leur plaisir, enfouissant le « bon » dans leur sac de plage, au risque d’enfreindre la loi et de s’exposer à ses foudres. Et de le dénommer bêtement sex-toy ! La délicate Sapho s’en retournerait dans sa tombe ! Pour faire moins chic sur le plan vocabulaire, existent aussi les boules japonaises, inconditionnellement livrées avec les ficelles qui permettent une récupération facile ! Bref, il existe une variété de jouets et de jeux intimes propre à satisfaire tout fétichisme, mais nul besoin de sex-toys parce que les Américaines et les Anglaises auraient découvert leurs charmes et la force d’en parler, bien après tout le monde ! Cocasse : en anglais, parmi les nombreux noms suggestifs donnés aux pénis artificiels, figurent bienfaiteur et consolateur, en français dans le texte ! Amies, amis, rangez sex-toy au rang des anglicismes superflus, et réveillez, ressuscitez olisbos. |
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