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Michel ORIVELCe blog est destiné à promouvoir mon premier roman, "L'Horizontale" et à communiquer avec mes lec(ac)trices et lec(ac)teurs notamment sur mes lectures BlogCatégoriesDerniers commentairesDerniers billetsPagesCompteursLiensFils RSS |
Le diable au corps (Raymond Radiguet)Par Michel ORIVEL :: 04/04/2008 à 9:33 :: Les livres sur mon chevet
En plein coeur de la première guerre mondiale, un adolescent indifférent au conflit, vit sa première aventure amoureuse torride avec l'épouse d'un soldat, distrait durablement de celle-ci par les évènements. Publié au lendemain du conflit, cet initiatique roman, scandaleux et immoral selon les canons de l'époque, souillait le fantasme de la sage épouse patientant au retour de son héros, selon les cartes postales d'Épinal postées pour le front. Il fourbit autant de bruit dans la bonne société de l'après-guerre que la Grosse Bertha au-dessus des tranchées, un écho inattendu renvoyé par l'orthodoxie épaisse des bourgeois rassurés d'être redevenus des bourgeois. L'imberbe héros bafoue tous les poilus en en cocufiant un seul! L'insouciance insolente du godelureau dessine l'oeil vif du cyclone, entre la tempête de projectiles et de boue et l'esclandre provoqué par la publication. Après le cyclone, l'arc-en-fiel, engendré par un troubadour du sacremensonge du mariage ! De multiples exégèses ont été propagées sur les détails autobiographiques, dont Radiguet tenta de s'exhausser après coup. En romancier qui se respecte, il a suffisamment distillé de fiction et de différences pour se justifier de romanesque, dont on a du mal à le croire. En choisissant de faire mourir Marthe, l'aînée porteuse du péché, Radiguet l'auteur l'absout de l'adultère pratiqué avec Radiguet le narrateur. "Le diable au corps" est le mirage de toutes les frustrations, ravalées par le conformisme de l'unanimité silencieuse, la chrysalide d’adolescence dont Marthe a été frustrée et qui s’est égoïstement épanouie dans l’adonis. Radiguet, l'effronté, paiera de sa vie cette provocation, d'autant plus durement ressentie que même l'épilogue, astucieusement présenté comme l'entrée du géniteur dans la vie d'adulte, lance un ultime bras d'honneur au père outragé. Mais le sublime de l'écrivain reste sa plume lumineuse et muscadine: en transcendant son écriture, Radiguet instille d'avance le malaise chez ses détracteurs, se met à l'abri de leur vindicte. La rédaction – un tour de force poétique – à elle seule justifie le roman! Presque un siècle après sa première parution, le chef-d'œuvre n'a rien perdu de son souveraineté littéraire qui transmet intacte sa jouvence aérienne, de génération en génération. Trackbacks
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