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Ce blog est destiné à promouvoir mon premier roman, "L'Horizontale" et à communiquer avec mes lec(ac)trices et lec(ac)teurs notamment sur mes lectures

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Les hirondelles de Kaboul (Yasmina Khadra)

Par Michel ORIVEL :: 24/03/2008 à 18:17 :: Les livres sur mon chevet

En 2006, j'avais emporté ce livre à Kaboul, avec le dessein de l'y lire pour mieux m'en imprégner, comme j'avais relu "Les hauts de Hurlevent" pendant un séjour dans les Dales, et les souvenirs de Pagnol aussitôt après mon déménagement à La Ciotat. Le décalage entre l'atmosphère pesante du roman, le climat détestable entretenu par les saint-just barbus, et la résignation triste des kaboulis, ruinés, privés d'eau et d'électricité, entourés d'immondices, condamnés à la promiscuité, m'a surpris: le temps de paix était presque pire!

Ville hypertrophiée par l'envahissement des nombreux paysans menacés par l'insécurité, Kaboul explose dans cet altiplano désertique où rien ne pousse, où rien ne pousse plus. Accablés par une sécheresse pluriannuelle qui a succédé à la calamité précédente, les Afghans ne savent plus à quel Allah se vouer. Dans la chaleur de l'été, la poussière couvre la ville d'un dôme voilé, dés le premier balbutiement matinal de circulation - rapidement infernale - jusqu'à la retombée tardive du nuage, pendant la nuit, enfin claire et étoilée, mais clandestine comme une nuit honteuse, inaccessible au vulgus afghanus à cause du couvre-feu! L'activité brownienne dans la journée, est d'autant plus expéditive qu'elle se heurtera au crépuscule. Il n'y a pas de temps à perdre pour survivre.

Et les hirondelles dans tout ça? Ailes froissées, transparentes malgré leur costume d'apparat dont la seule beauté réside dans le céruléen du ciel invisible, elles rasent les murs maladroitement, comme au temps des talibans, comme dans l'âpre mais poignant roman de Yasmina Khadra. L'auteur a réinventé la quatrième dimension de l'écriture: la profondeur. Miraculé d'une autre tyrannie, Khadra nous offre une langue intensément sobre, digne, comme seuls savent en broder les survivants. Il ourle la cruauté de son récit à la noblesse de son style, qui s'en plaindrait?

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