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Michel ORIVELCe blog est destiné à promouvoir mon premier roman, "L'Horizontale" et à communiquer avec mes lec(ac)trices et lec(ac)teurs notamment sur mes lectures BlogCatégoriesDerniers commentairesDerniers billetsPagesCompteursLiensFils RSS |
Une femme à BerlinPar Michel ORIVEL :: 16/03/2008 à 5:36 :: Les livres sur mon chevet
"Une femme à Berlin" (Auteure anonyme) vient d'être réédité chez France Loisirs. C'est un reportage déroutant dans un Berlin que submergent les soldats russes en avril 1945 et où les derniers allemands ne sont plus que des... allemandes! J'insiste... reportage: l'auteure est journaliste. Elle tient en direct, comme elle peut, son journal de bord; il dure deux mois de cauchemars quotidiens. Une soupape, sous papier, qui la préserve du naufrage survenu à nombreuses de ses concitoyennes. Toujours la journaliste griffonne, jamais la femme violée. Dédoublement de personnalité qui lui permet d'affronter l'indicible. Sa clairvoyance extravagante, jaillie du premier viol enduré, va lui dicter un sacrifice de sauvegarde: choisir ses bourreaux, plutôt que les subir. Ayant la chance – en est-ce vraiment une? - de maîtriser le russe, elle en choisit donc un, chef! Il la protégera de la soldatesque pourvue de phallus baïonnettes. Elle n'hésitera pas à en solliciter un autre quand le premier sera muté. La pudeur des étreintes consenties la mort dans l'âme par la victime, contraste avec la lucidité de la narratrice. Dans une ville détruite, ravagée, où plus rien ne fonctionne, "Une femme..." raconte... la salissure; les suicides, les dépressions, les lâchetés aussi, dont celles des rares hommes encore présents; les gestes élémentaires de survie (se barricader évidemment, mais aussi se mettre en quête de nourriture, faire la queue pour l'eau, et même organiser les sépultures de fortune) dans le désarroi des viols répétés; celle qui implore son mari de ne pas intervenir, au moment où les rapaces l'emmènent, car elle le préfère vivant; le leitmotiv "Combien de fois?", quand les victimes conciliabulent en sourdine; mais aussi la solidarité envers les adolescentes qu'on cache pour leur éviter le pire et pour lesquelles les autres, leur mère en premier, se sacrifient ... un éclair de lumière au milieu de la barbarie. Bref la narratrice raconte la chronique ordinaire d'un troupeau de femmes livrées à l'ivresse conquérante de l'envahisseur, longtemps sevré de toute sensibilité féminine. "Une femme à Berlin" vaut pour toutes les invasions...qu'on se le dise! Pas belle à contempler l'humanité, quand on scrute, au fond de ses yeux, ses égarements collectifs les plus vils. Malgré la force de caractère de la narratrice dans la tourmente, il est difficile de croire qu'elle s'en est totalement remise, qui a conservé l'anonymat jusqu'à sa mort au début du XXIème siècle, malgré le succès international de ses éphémérides dans ses nombreuses traductions et rééditions. Trackbacks
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