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Michel ORIVELCe blog est destiné à promouvoir mon premier roman, "L'Horizontale" et à communiquer avec mes lec(ac)trices et lec(ac)teurs notamment sur mes lectures BlogCatégoriesDerniers commentairesDerniers billetsCompteursLiensFils RSS |
Ce blog est chronologique, les articles les plus récents sont à la fin!Par Michel ORIVEL :: 11/02/2008 à 19:56 :: Général
Pour découvrir "L'Horizontale"Par Michel ORIVEL :: 12/02/2008 à 3:00 :: Général
Bonjour, je suis un nouvel acteur sur le réseau. Je suis écrivain, j'ai réussi, après trois ans de persévérance, à publier mon premier roman à compte d'éditeur. "L'Horizontale" aux Editions Cheminements. Mais publier ne suffit pas, encore faut-il se faire connaître. C'est l'objet de ce blog. Passionné dès l'adolescence par l'Épuration, l'ombre portée de la Libération, ému par le sort misérable que certains ont réservé aux femmes qui s'étaient "trompées" en aimant l'ennemi, j'ai décidé de faire de l'une d'entre elles l'héroïne de mon premier roman.
Voici ce que vous pourrez lire sur le quatrième de couverture:
"Au printemps 1944, Margot, brillante lycéenne de modeste souche paysanne, s’éprend d’un soldat allemand. Sciemment, elle transgresse le contexte, s’avère enceinte pendant l’été, alors que survient la Libération de son terroir. La sanction n’attend pas : elle est tondue. Dans un environnement rural où elle se retrouve de moins en moins, Margot assume son destin choisi, affronte les humiliations et la déchéance, secourue par quelques âmes compatissantes : L’oiseau, la marginale bretonne, femme au grand cœur, P’tit Fût, l’ivrogne du village, et d’autres, plus inattendues. Baignée dans l’atmosphère justicière de l'épuration, l’héroïne comprend progressivement que la raison apparente de son châtiment en dissimule une autre, étrangère au conflit. Parviendra-t-elle à briser cette cabale et à revivre ? Et à quel prix ? Disséminée tout au long du roman, une Touraine épicurienne et bucolique, celle de la Loire majestueuse, celle de l’art de vivre, du vin et de son passé prestigieux, tisse un décor jubilatoire en contrepoint au poids de l’Histoire."
Progressivement, je mettrai en ligne les articles de journaux qui ont été consacrés à mon roman(Nota ultérieur: malgré tous mes efforts, et l'aide d'amis calés en informatique, je n'y parviens pas, j'ai du contacter Zeblog, j'attends leur assistance), ainsi qu'un florilège de témoignages.
Pour se procurer "L'Horizontale", toutes les options sont possibles: - de préférence, www.cheminements.fr en tapant « orivel »dans « nom de l’auteur » ; en commandant directement aux editions Cheminements, vous favorisez le délai de réimpression. - ou dans toutes les bonnes librairies ! - ou www.alapage.com, même recherche ; - à défaut, www.amazon.fr, même recherche ; - et sur d'autres sites de vente encore! - Éviter www.fnac.com, qui déclare le livre épuisé, sans raison!
Et surtout, après l'avoir lu, transcrivez vos impressions sur ce blog, elles rejoindront mon fichier de témoignages, et n'hésitez pas à en parler à vos amis: le bouche à oreille est la meilleure publicité des écrivains.
Michel ORIVEL, artisan écrivain Florilége de témoignagesPar Michel ORIVEL :: 16/02/2008 à 10:31 :: Général
J'ai reçu ton roman hier et, comme je suis sujet à insomnies, j'ai commencé à le lire. J'en suis à la moitié. Passionnant ! Une seconde nuit d'insomnie m'a permis de terminer ton roman. Félicitations pour ton courage à avoir traité un sujet difficile. En première analyse, beaucoup de pudeur, de délicatesse dans la description de ces amours clandestines, une écriture riche, pleine de mots pas toujours assez utilisés à leur juste valeur. Belle description de ce milieu d'agriculteurs de l'ancien siècle et de cette riche vallée de la Loire. Yves C 27/09/2007 Encore félicitations pour ton livre, dont j'ai beaucoup apprécié le scénario et la fin inattendue. On attend la suite de la vie de Margot ou un nouveau roman. Bien amicalement Françoise 18/10/2007 Monsieur ORIVEL, Je viens de terminer « L'horizontale » et c'est à regret que je quitte Margot et la Touraine. Ces exemples de femme courageuse et déterminée me font toujours m'interroger sur mes capacités à faire face en pareilles circonstances. J'ai été touchée par ce récit où j'ai retrouvé les personnages si souvent décrits dans mon enfance par les aînés de la famille : bien que née plus de 10 ans après la guerre, j'ai bien connu cette atmosphère où les uns faisaient des allusions au passé des autres avec des soupirs lourds de sous-entendus. Je me suis rappelée les soirs de battage où mon grand oncle, ivre de fatigue et de cidre, pleurait le souvenir de sa "Greta" et l'histoire mille fois racontée de ce voisin rentrant de captivité qui s'est jeté du haut de sa grange avec, dans les bras, le petit garçon blond aux yeux bleus que sa femme avait mis au monde en son absence. Dans le village berrichon où mes parents demeurent, certaines rancœurs flottent encore... Sincèrement, j'ai passé un très bon moment et vous en remercie. Lydie R. 27/10/2007 j'ai terminé la lecture de "L'Horizontale" et j'ai vraiment beaucoup aimé : l'ordre dans lequel les évènements sont relatés, les personnages, la description du cadre géographique et socio-culturel. La fin est extrêmement bien trouvée et optimiste. Je serai l'une des premières lectrices de ton deuxième roman. Aïda 22/10/2007Malgré l'heure tardive, je ne résiste pas à la tentation de te faire part d'une petite histoire.
[...], j'ai dit tout le bien que je pensais de ton roman, je l'ai recommandé à nos hôtes. Et là, surprise, le mari nous a dit être un grand lecteur et a souhaité avoir les références du livre. Je suis donc allé en chercher un exemplaire dans ma voiture et pour finir, il me l'a acheté sur le champ !
Jean-Bernard 27/10/2007 J'ai terminé ma lecture de "L'Horizontale". J'ai adoré ! Je l'ai ressenti comme un hommage aux femmes. En bref, tu écris très bien (mais ça on le savait déjà !) car tu arrives à combiner la vie du terroir (colorée), de belles histoires d'amour dans un environnement rude (guerre, mesquineries). C'est vivant et prenant. J'attends avec hâte la suite de la vie de Margot ... Sophia 16/11/2007 Je viens de terminer ton livre que j'ai littéralement dévoré !! J'ai passé de bons moments en le lisant et j'ai même pleuré !! Margot est très touchante et au fil des pages tu as réussi à la rendre plus vraie que nature. Au tout début du livre, j'ai pourtant eu un peu de mal à rentrer dans l'ambiance, tu écris comme très peu d'auteurs écrivent encore aujourd'hui. Ton bouquin est un véritable cours de littérature et de français et j'ai découvert des centaines de mots, adjectifs et verbes dont j'ignorais même jusqu'à l’existence !! C'est absolument incroyable !! Et puis très vite le charme opère et on ne peut arrêter la lecture avant d'arriver à la dernière page qu'on lirait presque à regret. En tout cas merci pour ces superbes instants de lecture en espérant que ton prochain livre ne tarde pas trop en rayon.
Paula 19/11/2007 PS: L'horizontale serait un excellent film... Je t'avoue que j'ai pris un très grand plaisir à la lecture de ton roman. Des remarques ou commentaires : honnêtement, je suis admiratif de ton style direct et très fluide et du vocabulaire très varié que tu as employé. De temps en temps, en toute franchise, cette lecture m'a d'ailleurs amené à revoir certains termes (peu usités ?) de français (ou de tourangeau ...?) qui m'ont conduit à ressortir un dictionnaire pour en vérifier la signification. Mais ne prends pas cette remarque comme une critique, bien au contraire... Cela a remué positivement mes méninges endormies .... J'ai beaucoup apprécié la construction et le découpage de cette histoire, et notamment le "suspense" du dénouement. Amicalement. Bernard 22/11/2007 J'ai fini ton livre hier soir avec plaisir : Que les hommes y sont faibles et les femmes sûres d'elles ! Elles ne doutent pas assez pour élargir leur horizon. J'ai beaucoup apprécié les narrations des vies des personnages secondaires à la fois concrètes et complètes. Elles renforcent la belle maîtrise du passage du temps de l'ouvrage. Le plus surprenant, comme pour beaucoup, est la découverte de mon ignorance en vocabulaire ... Je ne crois pas que tu puisses aisément être traduit, mais des passages pourraient faire l'objet de dictées. Un livre est réussi quand il touche le lecteur. Seul le temps pourra me confirmer son empreinte. Mais, même si le manque d'humilité de l'héroïne me la rend plus distante, la qualité de l'écriture rend son histoire émouvante. Merci pour ce moment de lecture intemporel. Marie 27/11/2007 Catherine a trouvé ton livre très intéressant et l'a lu avec beaucoup de plaisir. […] Enfin une belle histoire ! Le seul bémol est que, certains mots ne faisant pas partie de son vocabulaire, elle a du faire appel au dictionnaire. Mais dans l'ensemble ton livre lui a plu et je peux te dire qu'elle n'a pas été longue à le lire. A bientôt. Alain 29/11/2007 Mail parvenu à un ami : Comme convenu je viens te donner mon opinion sur ce livre. Je pourrais résumer le paragraphe à venir, par la phrase suivante: "Je l'ai lu en un jour et demi". J'ai adoré. Ce livre est très bien écrit et l'auteur se plait à jouer avec des mots ou des expressions tombées en désuétude à l'ère du SMS. Cette petite touche de suranné donne une saveur particulière à la lecture et plonge le lecteur, pour peu qu'il se laisse aller, dans l'ambiance de cette époque. Même si la fin est un petit peu trop prévisible. Hé oui, dans les romans les histoires d'amour finissent mal en général ! […], on prend un réel plaisir à observer les sentiments des uns et des autres au sein de ce petit village à l'heure de la libération.
Romuald 04/12/2007 ....je reste encore sous l'empreinte des évocations de la Touraine et de la Isabelle 06/12/2007 Mail envoyé à mon fils : Un grand merci à ton papa d'envoyer un exemplaire de "L'horizontale" à ma grand-mère. J'ai vraiment dévoré son livre dans lequel j'ai, par ailleurs, retrouvé des souvenirs de vendanges et de bords de Loire... Je suis sûre que ma grand-mère prendra également grand plaisir à se plonger dans ce poignant roman. -Mylène- 06/12/2007 C'est évidemment un excellent roman, très bien écrit, quoique j'ai trouvé le Je pense qu'au-delà de l'histoire de Margot qui n'était qu'une des nombreuses Alain 09/12/2007 Je me suis laissée entraîner par le rythme soutenu du récit. Pas un moment de répit. L’action m’a aspirée comme un tourbillon à travers les lignes. Je me suis laissée emporter par le courant de la Loire, ce fleuve qui m’a tant attirée, enfant, au point que j’ai failli m’y noyer. Je me suis laissée bercer par l’accent de la Touraine que j’aimais tant dans les phrases de ma marraine. Pourquoi pas une suite… Félicitations de tout cœur, c’est un beau roman. Françoise, 28/12/2007 Un délice de lecture captivant jusqu'à la dernière page. Dommage qu'il faille constamment avoir un dico à portée ... mais c'est une leçon de vocabulaire enrichissante. Bravo à l'auteur qui donne envie de connaître son œuvre. Bernard 05/01/2008. Un roman qui traite des femmes tondues à l'époque de la Libération ne fait pas partie du genre de livres que je choisis d'ordinaire. Et pourtant...Je dois avouer que l'histoire de Margot est vite prenante, et passionnante, du début à la fin. La trame historique, malgré son côté dramatique, intervient en filigrane, pour placer l'héroïne au cœur du roman. J'ai beaucoup apprécié la richesse du texte et des mots employés, c'est une véritable ode à la langue française, qu'on rencontre de plus en plus rarement aujourd'hui. Et la fin, quelle belle issue je trouve, quelle surprise aussi...J'attends la suite avec impatience! Ma grand mère, à qui j'ai donné le lire, a adoré lire cette histoire. Aurélie (15/01/2008) J'ai beaucoup aimé le sujet de votre livre mais j'ai trouvé le style un peu trop Chantal (25/01/2008) J’ai pris beaucoup de plaisir à suivre l’histoire de cette vie particulière qu’a vécue Margot, sacrifiée, bouc émissaire de la bêtise et de la frustration de ces héros patriotes de la dernière heure pour la plupart. Passé peu glorieux que tu nous permets de ne pas oublier. Tu décris tout ça très bien. A méditer à une époque où quota et rafles sont de retour dans l’actualité, méfions nous de la bonne conscience ambiante car quelles qu’en soient les raisons, ce sont des êtres humains qu’on traque. Ton style est particulier, au début ça agace, ça fait académique mais très vite j’ai vu que les mots inconnus ou oubliés (par moi en tout cas) que tu emploies parfois, montrent surtout ton amour du verbe. Ces mots tombent toujours bien et apportent de la précision par leurs propres nuances, aucune incongruité et là aussi j’ai pris beaucoup de plaisir à te lire, même s’il m’a fallu avoir un dictionnaire à portée de main. J’attend ton deuxième roman avec impatience……. Yves 26/02/2008 Comment vous dire, le plus honnêtement possible, que j'ai beaucoup aimé et en même temps regretté que votre livre soit un peu trop raffiné dans son vocabulaire. Votre histoire est très forte (surtout que vous avez tout inventé, - c'est très bien documenté - étant donné votre âge) mais elle aura du mal à trouver le large public populaire, au sens noble du terme, qu'elle devrait toucher. Elle se situe en Touraine et les protagonistes s'expriment directement ou indirectement dans une langue trop riche, trop intellectuelle. […]Vos personnages sont bien campés et d'emblée la jeune Margot plaît (me plaît). Son caractère trempé surprend d'abord, elle est si jeune, mais le contexte dans lequel elle évolue et ses facultés intellectuelles la rendent très crédible. Sa romance d'amour est très belle […]. J'ai beaucoup de tendresse pour Soizic, P'tit Fût et les autres personnages de second ordre. J'aime les petites gens. Dans les histoires autant que dans la vie réelle. Votre construction est très fine et me plaisent les sortes de carnets intimes par lesquels Margot s'exprime. Bravo pour la chute. Courte, inespérée. C'est comme si vous disiez à votre lecteur : " A toi d'écrire la suite." J'ai oublié de vous dire que j'adore vos descriptions, passages en général difficiles car, de nos jours, ils sont souvent sautés. Les vôtres donnent envie de se promener dans cette région de Loire que, pour ma part, je ne connais que fort peu et l’on sent presque les odeurs : des terres, des vendanges, des bords de Loire... […], je relirai votre livre, en cela pratiquant à la manière de Marguerite Yourcenar qui relisait toujours les livres qu'elle estimait le mériter. C'est dire. Avec l'amitié d'une sœur en écriture. Odette Laplaze-Estorgues, auteur de « La Recluse », autre roman à lire sur les femmes tondues. (09/03/2008) Je viens juste de terminer ton bel ouvrage. J’avais commencé à lire ton livre il y a deux bons mois, je lisais un peu tous les soirs, je me suis attachée à la petite Margot. […] Malheureusement, il a fallu que je quitte mon travail pour raisons de santé. […] Je me suis remise à lire, de retrouver Margot me remplissait de bonheur. […]Aujourd’hui je me suis installée confortablement pour lire un peu et j’ai passé un après-midi et une fin de soirée merveilleuse en sa compagnie. Il fallait absolument que je termine, je ne pouvais me détacher du livre. Quelle belle écriture, tu as réussi à me faire pleurer par trois fois et j’avoue qu’une suite serait la bienvenue. Merci pour le bel hommage que tu rends à la femme. Si tu vas au Salon du Livre, je te souhaite d'agréables moments avec tes futurs lecteurs ou lectrices. Gisèle (14/03/2008) Bravo pour ton bouquin, que j'ai lu en quelques heures. En effet, je l'ai commandé chez ton éditeur lorsque j'ai eu ton mail d'avant les fêtes. Excellent pour un premier, et surtout très émouvant.
J'ai fini par trouver un peu de temps pour lire « L'Horizontale ». Je ne me souviens pas d'avoir lu un livre aussi riche en vocabulaire que je ne connaissais pas, et l'ai lu avec beaucoup de plaisir. Bravo et chapeau! Quand paraît le prochain? Patrick (17/05/2008) La ReclusePar Michel ORIVEL :: 14/03/2008 à 10:30 :: A propos des femmes tondues
"La Recluse" (Odette Laplaze-Estorgues- Edition: Lucien Souny) fait partie des rares romans dont l'héroïne est une femme tondue à la Libération. La construction est particulièrement subtile, elle suit le cheminement psycho-illogique de la narratrice dans un style abouti, séduisant et maîtrisé. Celui-ci facilite l'acceptation de cette histoire vraie, romancée certes, mais humainement insupportable dans sa dimension sociale. L'intensité dramatique va croissant à mesure de la déréliction de l'héroïne et du dédoublement de l'auteur. Jusqu'où la première se vautrera-t-elle dans la fange pour mieux effacer l'humiliation subie de son crâne dénudé, désexué? Quel exorcisme l'extraira de son enfer, si tant est qu'elle en sorte ? La romancière se noiera-t-elle dans les eaux nauséabondes du Styx, éclaboussées par une antique fée carabossée par sa collision amoureuse, consciente de l'aimantation qu'elle exerce sur la fureteuse? Âmes romanesques et sensibles s'abstenir, pour ne pas se fracasser au délire démoniaque du trio infernal qui peuple le roman, pour ne pas périr dans l'in pace auquel il s'est condamné. Amateurs de littérature française, au sens le plus noble du terme, plongez! La qualité n'a rien à voir avec la renommée: Odette Laplaze-Estorgues, inconnue du grand public, signe une œuvre magistrale. Publié à tirage confidentiel, chez un modeste – et surtout courageux – éditeur de province, "La Recluse" mérite largement de s'épanouir à travers le bouche à oreille des vrais lecteurs, à l'écart du brouhaha mercantile qui façonne des succès fugaces dans des maisons (d'édition? Vraiment?) arborant leur pignon sur la rue pour tout oriflamme. En vous adressant à Lucien Souny, vous encouragerez peut-être cet éditeur à réimprimer ce roman, introuvable après quelques mois de parution. À vos téléphones... à rab! L'échappéePar Michel ORIVEL :: 15/03/2008 à 6:50 :: A propos des femmes tondues
Contrairement aux autres romans consacrés à l'Épuration, "L'échappée" (Valentine Goby/Gallimard) a bénéficié d'une promotion dans les médias (L'Express, "Un livre un jour" sur FR3 notamment). J’ai surtout été accroché par la sensibilité de l'auteur à la musique, qui façonne les passages les plus féconds. L’innocence de l'héroïne, une bouseuse mal dégrossie tout juste éduquée à sa fatale condition de bonniche, se fonderait dans sa révélation amoureuse pour la musique à simplement tourner – transparente – les partitions, plus qu’à l’endroit du pianiste qui l’exerce : quel parti pris pour défier les lois de la guerre! D'autant plus que le virtuose serait une homme éduqué! Antagonisme social et ennemisme héréditaire, adolescence en pleine crise de virginité engloutie par la maturité mâle exilée de son foyer, les ingrédients sont réunis pour un béguin sans issue autre que tragique. La bergère française et le prince allemand, plutôt que le contraire. Percutant le cœur du drame, par sa rédaction à la première personne, qui le rend plus palpable. J’avais, moi aussi, réfléchi à la façon de valoriser le poème d’Éluard. Saisi par la tentation de le placer en exergue ou en préface, je ne regrette pas d'avoir abandonné la piste. Son infusion par bribes, sous la forme d’une voix intérieure, quasi mystique, seule émergence rédemptrice de la tragédie, est une bien meilleure trouvaille. D'errements en égarements, apatride à l'intérieur de son pays, nomade sans bête de somme pour la soulager de son fardeau, Madeleine finira par démêler l'écheveau de son impénitent malheur en plongeant dans ses racines, pendant que sa batarde de boche affronte non sans confusion les siennes. Destinées chaotiques. Originale, cette option à la fois innocente et audacieuse d’aiguiller les lecteurs vers plusieurs chutes, comme pour nous rappeler que d’autres libellules – corps fuseau, élytres translucides – ont subi le même sort et qu’aucune ne s’en est sortie indemne. La démultiplication finale accroît la pleutrerie des résistants de la vingt-cinquième heure. Le rythme de l’écriture est homothétique à l'errance éperdue de l'héroïne, il culmine dans le brouhaha funeste de l’Épuration – avez-vous remarqué comme ce mot voisine avec la pureté, cette fois aryenne, des ennemis de l’époque ? Il s’apaise dans la dernière partie, comme pour mieux accompagner les événements se diluant dans l’Histoire. Une femme à BerlinPar Michel ORIVEL :: 16/03/2008 à 5:36 :: Les livres sur mon chevet
"Une femme à Berlin" (Auteure anonyme) vient d'être réédité chez France Loisirs. C'est un reportage déroutant dans un Berlin que submergent les soldats russes en avril 1945 et où les derniers allemands ne sont plus que des... allemandes! J'insiste... reportage: l'auteure est journaliste. Elle tient en direct, comme elle peut, son journal de bord; il dure deux mois de cauchemars quotidiens. Une soupape, sous papier, qui la préserve du naufrage survenu à nombreuses de ses concitoyennes. Toujours la journaliste griffonne, jamais la femme violée. Dédoublement de personnalité qui lui permet d'affronter l'indicible. Sa clairvoyance extravagante, jaillie du premier viol enduré, va lui dicter un sacrifice de sauvegarde: choisir ses bourreaux, plutôt que les subir. Ayant la chance – en est-ce vraiment une? - de maîtriser le russe, elle en choisit donc un, chef! Il la protégera de la soldatesque pourvue de phallus baïonnettes. Elle n'hésitera pas à en solliciter un autre quand le premier sera muté. La pudeur des rapports consentis la mort dans l'âme par la victime, contraste avec la lucidité de la narratrice. Dans une ville détruite, ravagée, où plus rien ne fonctionne, "Une femme..." raconte... la salissure; les suicides, les dépressions, les lâchetés aussi, dont celles des rares hommes encore présents; les gestes élémentaires de survie (se barricader évidemment, mais aussi se mettre en quête de nourriture, faire la queue pour l'eau, et même organiser les sépultures de fortune) dans le désarroi des viols répétés; celle qui implore son mari de ne pas intervenir, au moment où les rapaces l'emmènent, car elle le préfère vivant; le leitmotiv "Combien de fois?", quand les victimes conciliabulent en sourdine; mais aussi la solidarité envers les adolescentes qu'on cache pour leur éviter le pire et pour lesquelles les autres, leur mère en premier, se sacrifient ... un éclair de lumière au milieu de la barbarie. Bref la narratrice raconte la chronique ordinaire d'un troupeau de femmes livrées à l'ivresse conquérante de l'envahisseur, longtemps sevré de toute sensibilité féminine. "Une femme à Berlin" vaut pour toutes les invasions...qu'on se le dise! Pas belle à contempler l'humanité, quand on scrute, au fond de ses yeux, ses égarements collectifs les plus vils. Malgré la force de caractère de la narratrice dans la tourmente, il est difficile de croire qu'elle s'en est totalement remise, qui a conservé l'anonymat jusqu'à sa mort au début du XXIème siècle, malgré le succès international de ses éphémérides dans ses nombreuses traductions et rééditions. Le poème de Paul Eluard (on ne le diffusera jamais assez!)Par Michel ORIVEL :: 16/03/2008 à 6:25 :: A propos des femmes tondues
La France virilePar Michel ORIVEL :: 16/03/2008 à 6:46 :: A propos des femmes tondues
Fabrice Virgili, chercheur au CNRS et professeur d'histoire à la Sorbonne, a publié cette étude sur le phénomène des tontes à la Libération, entamée pour sa thèse au début des années 90. "La France virile" (Payot) a fait l'objet de plusieurs éditions, dont une en livre de poche, c'est dire le succès de cette recherche. Il est devenu l'ouvrage de référence pour qui s'intéresse à cet épisode de l'histoire récente de la France. Il offre l'éclairage d'un expert, en contrepoint aux récents romans publiés sur le sujet. L'auteur met en lumière les contradictions entre la perception du phénomène, qui n'aurait concerné que les collaboratrices horizontales (celles qui ont "couché") tondues par des résistants de la 25éme heure dans un espace de temps très bref (La Libération) et la réalité plus complexe, plus protéiforme. En quelque sorte, la mémoire collective aurait offert une vraie caisse de résonance aux tontes en respectant les trois unités fondatrices de la tragédie, temps, lieu, action. A lire absolument avant ou après les variations romanesques de la littérature. Les bûchers de la LibérationPar Michel ORIVEL :: 22/03/2008 à 11:16 :: A propos des femmes tondues
"Les Bûchers de la Libération" de Dominique François et Gilles Perrault (Cheminements Editions), n'est pas un roman, mais un livre de photographies et de textes. Il comporte notamment trois témoignages tous plus bouleversants les uns que les autres. La galerie d'images noires et blanches, sobres, offre beaucoup de relief à l'émotion qui s'en dégage. La caverne des pestiférés (Jean Carrière JJ Pauvert 1979)Par Michel ORIVEL :: 23/03/2008 à 7:55 :: Les livres sur mon chevet
Jean Carrière est probablement l'un des écrivains contemporains les plus méconnus... à tort ! "La caverne..." reste son point d'orgue, inaudible, dommage pour les orgues! "La caverne des pestiférés" replace Mai 1968 dans la première partie du XIXéme siècle lors d'une épidémie de choléra, à laquelle échappe un groupe d'individus disparates, réunis par le hasard des circonstances. Réfugiés dans l'hostile montagne cévenole qui les préserve du virus, ils reconstruisent une société dans un lieu isolé. Sans idéologie préalable, sans guitare ni fleurs, ni joints, ces évadés du cordon sanitaire dressé à la limite du climat méditerranéen bâtissent une société égalitaire et solidaire, défaite de hiérarchies. Les flancs de l'Aigoual battus par les vents n'ont pourtant rien de l'éden, et leur cohésion se consolide au sel quotidien de la rude réalité. Au moment où il est de bon ton de dénigrer l'héritage de Mai 68, je vous invite à le redécouvrir sous sa forme la plus aboutie, celle que n'ont pas réussi à atteindre les rêveurs du moment. Le roman est inspiré d'une histoire vraie... l'épilogue vous en convaincra. Goncourtisé quelques années auparavant avec "L'épervier de Maheu", Jean Carrière atteint la plénitude de son art dans "La caverne des pestiférés", dont l'insuccès relatif serait la sanction du triomphe de l'oiseau de proie et de mauvais augure! Trente ans après la publication en deux volumes ("Lazare", puis ""Les aires de Comeizas", ultérieurement rassemblés dans une collection de poche), rendons-lui le destin qu'il mérite, celui de l'intemporalité. Pour ceux qui découvriraient ce félibre, ne soyez point étonné d'intonations gionesques, il s'exprime dans la veine de son maître es écriture. Des friches et des Chiffres (Odette Laplaze-Estorgues/L'Harmattan)Par Michel ORIVEL :: 24/03/2008 à 6:45 :: Les livres sur mon chevet
Le douloureux souvenir d'une mère chérie et du père absent imprègne ce témoignage: la trace terrienne des deux disparus, revient en boomerang dans le cœur de la femme mûre, la précipitant dans ses propres failles. Trace profonde, indélébile de la mère, sillon douloureux de la maternité multiple assumée seule où l'ivraie rivalise avec l'épeautre; effluve volatile du géniteur qui cultive l'imagination rocambolesque de l'ingénue, fugitif cousinage avec le Lanzmann de « La baleine blanche ». Deux icônes que l’auteur remodèle sans cesse aux variations de ses humeurs versatiles. Ni roman, ni nouvelles, ni autobiographie, ce livre sans chronologie – toutefois rayé de l’inaltérable cicatrice de la coulure du temps - déroule un enchevêtrement subtil de genres, qui sublime le vertige de la narractrice. Le contraste entre la fillette fantasque et l'institutrice dépressive est parfaitement mis en valeur par l'écriture, tantôt romanesque et cousue de plénitude (Ah, ce chapitre sur le père agonisant, on croirait entendre "Nantes" et Barbara en écho!), tantôt nerveuse, tourbillonnante, assourdissante, à la mesure de la vésanie qui la ronge. Le conflit entre l'enfance à jamais perdue, pas si rose que la forge Odette Estorgues retournée à sa fantasmagorie, et le présent moelleux (bourgeois?), la confine dans un inconfort moral où la mélancolie le dispute à la candeur. Lec(ac)teurs, lec(ac)trices, ne pas s'abstenir! Les hirondelles de Kaboul (Yasmina Khadra)Par Michel ORIVEL :: 24/03/2008 à 18:17 :: Les livres sur mon chevet
En 2006, j'avais emporté ce livre à Kaboul, avec le dessein de l'y lire pour mieux m'en imprégner, comme j'avais relu "Les hauts de Hurlevent" pendant un séjour dans les Dales, et les souvenirs de Pagnol aussitôt après mon déménagement à La Ciotat. Le décalage entre l'atmosphère pesante du roman, le climat détestable entretenu par les potentats du moment, et la résignation triste des kaboulis, ruinés, privés d'eau et d'électricité, entourés d'immondices, condamnés à la promiscuité, m'a surpris: le temps de paix était presque pire! Ville hypertrophiée par l'envahissement des nombreux paysans menacés par l'insécurité, Kaboul explose dans cet altiplano désertique où rien ne pousse, où rien ne pousse plus. Accablés par une sécheresse pluriannuelle qui a succédé à la calamité précédente, les Afghans ne savent plus à quel Allah se vouer. Dans la chaleur de l'été, la poussière couvre la ville d'un dôme voilé, dés le premier balbutiement matinal de circulation - rapidement infernale - jusqu'à la retombée tardive du nuage, pendant la nuit, enfin claire et étoilée, mais clandestine comme une nuit honteuse, inaccessible au vulgus afghanus à cause du couvre-feu! L'activité brownienne dans la journée, est d'autant plus expéditive qu'elle se heurtera au crépuscule. Il n'y a pas de temps à perdre pour survivre. Et les hirondelles dans tout ça? Ailes froissées, transparentes malgré leur costume d'apparat dont la seule beauté réside dans le céruléen du ciel invisible, elles rasent les murs maladroitement, comme au temps des talibans, comme dans l'âpre mais poignant roman de Yasmina Khadra. L'auteur a réinventé la quatrième dimension de l'écriture: la profondeur. Miraculé d'une autre tyrannie, Khadra nous offre une langue intensément sobre, digne, comme seuls savent en broder les survivants. Il ourle la cruauté de son récit à la noblesse de son style, qui s'en plaindrait? Allons z'enfants (Yves Gibeau réédité en 2005 par Equateurs)Par Michel ORIVEL :: 25/03/2008 à 18:17 :: Les livres sur mon chevet
Un classique de l'après-guerre, régulièrement plébiscité, stationne à mon chevet – à la fois vigile et remède - depuis mon adolescence, homothétique à celle d'Yves Gibeau. L'adolescence confisquée par les adultes, le destin contraint par eux, peuvent sembler des sujets surannés à la jeunesse actuelle, justement épargnée de ces captations que la société ne connaît plus, ni dans les casernes, ni dans les séminaires (du moins je l'espère). Yves Gibeau raconte mieux que quiconque les fortunes contrariées, les vocations non souscrites, orientées jusqu'à l'excès vers l'unique but que la hiérarchie militaire assignait à tous ses détentionnaires: l'engagement dans l'armée. Au mépris de tout respect pour les adolescents, voire pour elle-même qui s'adonnait à cette oeuvre civilisatrice. Au mépris de la loi, qui ne l'a jamais stipulé. Absence de toute envergure d'esprit, viol des consciences, privation de libre arbitre, hypocrisie et démagogie: Rien de ce qui avilit l'homme dans son rôle de cicérone de mauvaise comédie, n'est épargné au lecteur. Assujetti à la libido regnandi, l'enfant ne peut que croître comme une mauvaise herbe ou s'étioler. L’échappatoire salvateur ? La solidarité entre les opprimés. Le roman d'Yves Gibeau n'arrêtera pas la machine: longtemps après la parution d'Allons z'enfants, censuré dans les écoles militaires (mais lu par tous les impétrants sous les couvertures), d'autres innocents, à leur grand dam, surtout dans les années 60, seront façonnés selon le modèle que l'écrivain dénonce. Persuadé de l'éminence de ces z'enfants, j'ai décidé de ne jamais publier un mot sur le sujet, c'est pourquoi ceux de mon aîné ne quitteront pas mon chevet. Petit frère en écriture d'Yves Gibeau, lointain frangin de galère, je lui abandonne volontiers l'entièreté de cette dénonciation et m'en rend solidaire. À lire par tous les parents dignes, au nom du devoir d'éducation et par les ados... au nom du devoir de mémoire! Traversée du désir (Geneviève BON Editions Robert Laffont 1986)Par Michel ORIVEL :: 26/03/2008 à 17:04 :: Les livres sur mon chevet
Par jeu, par curiosité, une professeur de collège prend pour amant un collègue dont elle n'est pas spécialement amoureuse... au début. L'adultère comme défi, Geneviève Bon n'a pas trouvé d'autre désœuvrement pour combler la normalité de son héroïne, une banale bacchanale, jusque là pas de quoi fouetter la curiosité du lecteur a priori. Toutefois, s'il est un titre de roman justifié, c'est bien celui-là. La narratrice traverse son fantasme non sans engagement, soumise aux affres de la double vie, du mensonge et du non-dit! Elle jubile de ses clandestines retrouvailles que vaille, minutieusement programmées, remplies des seules extases, sait en faire jaillir les mots, en diffuser les sons, sans jamais aucune vulgarité. Elle sexe...prime en somme! Foin de la quotidienneté des couples installés, l'éphémère tourne au sublime quand il fonde le non-engagement. Écrivant à la première personne, Geneviève Bon trouble le lecteur jusqu'au point de lui laisser entrevoir un récit autobiographique qu'elle soumet comme un roman à ses amis... et à son mari. Perverse romancière-épouse-amante qui marie astucieusement fiction et réalité, usant de pirouettes pour passer de l'une à l'autre, au point d'abolir la frontière qui les sépare, en y perdant le lecteur témoin presque gêné d'assister à ses ébats ancillaires. Une confession Traversée du désir? Peut-être! Un roman sibyllin à redécouvrir, sûrement, jusqu'à l'autre rive, après la traversée! Un roman bien troussé, à l'image de la dame, a posterieuri! L'os de Dionysos (Christian Laborde, quatrième édition en 1999 chez JJ Pauvert)Par Michel ORIVEL :: 29/03/2008 à 13:05 :: Les livres sur mon chevet
Savoureux, assurément désinhibé, jubilatoire, L'os de Dionysos dresse une satyre burlesque de l'éducation privée et de ses collèges, dans une langue chaude, pure et limpide comme les gaves pyrénéens qui l'inondent d'inflexions rocailleuses. Pendant deux ans, les thuriféraires (gas)cons de l'ÉducaFront National ont réussi à faire censurer cette prose - trop lisiblement autobiographique ? - avant que la cour de cassation ne casse le jugement d'appel. Rien que pour ce fait d'âme, ce nanan littéraire mérite de rejoindre Les fleurs du mal ou La religieuse dans le panthéon des œuvres qui suscitent la reconnaissance intergénérationnelle malgré les ciseaux d'Anastasie! Amis lecteurs, ne craignez point que ce fondement unique justifie la postérité, L'os n'est pas seulement un pamphlet ciselé à la faconde élégante de l'amant de la dite chatte, qui vilipende la mesquinerie prétentieuse et la prétention mesquine des profs et de leur hiérarchie. Il est avant tout un hymne aux sens et à la sensualité, une ode à la vie, un épanchement jouissif des penchants du narrateur, un complet complot contre la bêtise et la bienpensance normative. Taxé de pornographie en 1987, il arracherait force sourires à la moindre pucelle décoincée, vingt ans après. Les anastasistes locaux de l'époque n'eurent pas peur du ridicule, dont on peut regretter que, parfois, il ne tue pas, ne serait-ce que du regard! (Le réticule ne tue pas plus!). Outre trouble illicite, incitation au désordre et à la moquerie, pornographie, abus de mots baroques, danger pour la jeunesse en pleine formation physique et morale, blasphème, lubricité - quelle verve haine! - le summum des chefs d'inculpation reste paganisme: la république laïque, la mitterrandie mâtinée pas-de-quoi, reprochant sa gentilité à un barde ithyphallique, mis dard-dard hors palois! Dérisoire et délirante res publica! Païen L'os? Paillard, oui! Libertin, que oui! L'os, un os à ronger (quelle tentation de s'abandonner à pire!), le fait du prince de la culture-lutte! Enseignant déchu, abuseur public de mots baroques, Christian Laborde mérite un bonnet d'âme. Le diable au corps (Raymond Radiguet)Par Michel ORIVEL :: 04/04/2008 à 9:33 :: Les livres sur mon chevet
En plein coeur de la première guerre mondiale, un adolescent indifférent au conflit, vit sa première aventure amoureuse torride avec l'épouse d'un soldat, distrait durablement de celle-ci par les évènements. Publié au lendemain du conflit, cet initiatique roman, scandaleux et immoral selon les canons de l'époque, souillait le fantasme de la sage épouse patientant au retour de son héros, selon les cartes postales d'Épinal postées pour le front. Il fourbit autant de bruit dans la bonne société de l'après-guerre que la Grosse Bertha au-dessus des tranchées, un écho inattendu renvoyé par l'orthodoxie épaisse des bourgeois rassurés d'être redevenus des bourgeois. L'imberbe héros bafoue tous les poilus en en cocufiant un seul! L'insouciance insolente du godelureau dessine l'oeil vif du cyclone, entre la tempête de projectiles et de boue et l'esclandre provoqué par la publication. Après le cyclone, l'arc-en-fiel, engendré par un troubadour du sacremensonge du mariage ! De multiples exégèses ont été propagées sur les détails autobiographiques, dont Radiguet tenta de s'exhausser après coup. En romancier qui se respecte, il a suffisamment distillé de fiction et de différences pour se justifier de romanesque, dont on a du mal à le croire. En choisissant de faire mourir Marthe, l'aînée porteuse du péché, Radiguet l'auteur l'absout de l'adultère pratiqué avec Radiguet le narrateur. "Le diable au corps" est le mirage de toutes les frustrations, ravalées par le conformisme de l'unanimité silencieuse, la chrysalide d’adolescence dont Marthe a été frustrée et qui s’est égoïstement épanouie dans l’adonis. Radiguet, l'effronté, paiera de sa vie cette provocation, d'autant plus durement ressentie que même l'épilogue, astucieusement présenté comme l'entrée du géniteur dans la vie d'adulte, lance un ultime bras d'honneur au père outragé. Mais le sublime de l'écrivain reste sa plume lumineuse et muscadine: en transcendant son écriture, Radiguet instille d'avance le malaise chez ses détracteurs, se met à l'abri de leur vindicte. La rédaction –un tour de force poétique – à elle seule justifie le roman! Presque un siècle après sa première parution, le chef-d'œuvre n'a rien perdu de son souveraineté littéraire qui transmet intacte sa jouvence aérienne, de génération en génération. Rencontres avec les lecteursPar Michel ORIVEL :: 06/04/2008 à 8:45 :: Rencontres avec les lecteurs
Date Lieu 14 juin 2008 Librairie Espace Temps Saint-Marcel (Eure) 13 et 14 Août 2008 Les Beaumesniales au château de Beaumesnil (Seine-Maritime) 31 août et 1er septembre 2008 La forêt des livres Chanceaux-les-Loches (Indre-et-Loire) 07 Septembre 2008 Salon du livre d’Evreux (Eure) 05 octobre 2008 Salon du Livre d’Andé (Eure) 09 au 12 Octobre 2008 Les rendez-vous de l’histoire Blois (Loir-et-Cher) 22 Novembre 2008 Congrés de l’association « Cœurs sans frontières » Caen En cours de discussion Tout octobre 2008 Le festival de lecture à voix haute 26 Octobre 2008 Salon du livre d’Etretat Je suis ouvert à toute séance de dédicaces en librairie ou à une participation à une manifestation.
Parlons, écrivons françaisPar Michel ORIVEL :: 30/05/2008 à 8:04 :: Plaidoyer pour notre langue
L’interpénétration des langues est un phénomène spontané de communication. La migration du vocabulaire n’a rien que de très naturel… aussi longtemps que le mot équivalent, voire le concept, n’existe pas préalablement dans la langue receveuse. Comment désigner une maison construite de blocs taillés dans la neige glacée ? En français ? En toute autre langue que l’esquimau ? Cette conception n’existe nulle part ailleurs que sur les terres polaires. Va pour igloo, qui signifie tout simplement maison. Car comment un inuit concevrait-il une maison autrement ? Foin d’exemples appropriés, le français n’en manque pas, enrichi par des siècles d’échanges ! Mais voilà que la langue de Molière se gave de mots anglo-saxons inutiles. Tous les jours, apparaissent dans l’usage des mots d’origine anglaise sur le plan linguistique, américaine d’un point de vue sociologique, alors même que les substantifs français pré-existent, souvent plus raffinés ou précis. Parsemer chaque phrase d’anglais importé à peu de frais pose le locuteur : il maîtrise l’anglais lui, face à des interlocuteurs qui ne le parlent pas ! Quelle prétention ! Une des dernières importations en date ne manque de sel: sex-toy. L’expression fait florès, dans les magazines féminins mais pas seulement puisqu’on l’entend sur les ondes ; il traduirait une tendance sociale de femmes désinhibées. Il porterait au pinacle du féminisme le plus avant-gardiste celles qui en useraient. Nouveau le phénomène, au simplement divulgué quand il ne l’était pas antérieurement ? Amies, amis, plongez allègrement dans vos racines gréco-romaines. La fantaisie seyait déjà à nos prédécesseurs: subsiste bien sûr le godemiché, souvent raccourci en gode au soupçon la vulgarité, et surtout le rare et trop méconnu olisbos, le joujou de nos sœurs de Lesbos, un fort joli substantif enseveli sous la pudibonderie de générations prudes. Deux mots qui, contrairement à sex-toy qui affiche la couleur sans subtilité, protègent autant la pudeur puisqu’ils n’ont rien de phalliques à première sonorité. J’allais écrire à première vue, mais précisément … Quand l’industrie n’était pas si sophistiquée, nos ancêtres saphiques sélectionnaient simplement les galets idoines sur les plages de leur île paradisiaque. Imaginez aujourd’hui, femmes et jeunes filles d’Étretat, triant force cailloux oblongs (classés monuments historiques : nulle n’est sensée en prélever !) pour leur plaisir, enfouissant le « bon » dans leur sac de plage, au risque d’enfreindre la loi et de s’exposer à ses foudres. Et de le dénommer bêtement sex-toy ! La délicate Sapho s’en retournerait dans sa tombe ! Pour faire moins chic sur le plan vocabulaire, existent aussi les boules japonaises, inconditionnellement livrées avec les ficelles qui permettent une récupération facile ! Bref, il existe une variété de jouets et de jeux intimes propre à satisfaire tout fétichisme, mais nul besoin de sex-toys parce que les Américaines et les Anglaises auraient découvert leurs charmes et la force d’en parler, bien après tout le monde ! Cocasse : en anglais, parmi les nombreux noms suggestifs donnés aux pénis artificiels, figurent bienfaiteur et consolateur, en français dans le texte ! Amies, amis, rangez sex-toy au rang des anglicismes superflus, et réveillez, ressuscitez olisbos. L'astragale (Albertine Sarrazin)Par Michel ORIVEL :: 15/06/2008 à 16:35 :: Les livres sur mon chevet
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